"Le genou d’Artémide" et "Itinéraire de Jean Bricard" sont deux courts-métrages sélectionnés pour la quinzaine des réalisateurs du festival de Cannes 2008.
Cesare Pavese est né dans les Langhe (Piémont), le 9 septembre 1908. Il fait toutes ses études à Turin, soutient une thèse sur Walt Whitman et, vers 1930, commence à écrire des poésies. Il vit tant bien que mal en enseignant et en traduisant des écrivains anglosaxons, collabore à la revue La Cultura et fréquente le milieu turinois d’intellectuels antifascistes. Il commence à travailler pour la maison d’édition Einaudi avant d’être envoyé en relégation en Calabre entre 1935 et 1937. Pendant la guerre, il se cache dans les collines piémontaises, puis poursuit son activité d’éditeur, d’écrivain et de poète. Il met fin à ses jours à Turin, le 26 août 1950. Son oeuvre a été entièrement traduite aux Éditions Gallimard : Avant que le coq chante, Le Bel été, Le Métier de vivre (Journal), Dialogues avec Leucò, La Lune et les feux précédé de La Plage, Le Camarade, Poésie (Travailler fatigue, La Mort viendra et elle aura tes yeux), Lettres (1924-1950), Nuit de fête et autres récits suivi de Grand feu, Salut Massino, Littérature et société suivi de Le Mythe.
"ENDYMION Écoute, passant. Comme à un étranger je peux te dire ces choses. Ne t’effraie pas de mes yeux de fou. Tu vois ce mont ? C’est le Latmos. Je l’ai gravi tant de fois dans la nuit, quand il faisait plus noir, et j’ai attendu l’aube entre ses hêtres. Pourtant il me semble ne l’avoir jamais touché. L’ÉTRANGER Qui peut dire avoir jamais touché ce près de quoi il passe ? ENDYMION Je pense parfois que nous sommes comme le vent qui court impalpable. Ou comme les rêves de celui qui dort. Tu aimes, étranger, dormir le jour ?"
Jean Bricard est né en 1932 à le Basse-Pierre, sur la Loire. Jusqu’à sa retraite en 1992, il a été responsable d’une entreprise sablière sur l’île Verte, en face d’Ancenis (Loire Atlantique). “L’itinéraire de Jean Bricard” a été enregistré le 24 février 1994 après deux interviews concernant son histoire de vie et publié par Jean-Yves Petiteau, chercheur au CNRS, dans la revue de l’École des Beaux- Arts de Nantes Interlope la curieuse n°9-10, juin 1994.
"On arrive à l’île Coton, là où j’ai passé mon jeune âge. On habitait à la Basse-Pierre. II y avait un port à la Basse-Pierre. C’était le port de Basse-Pierre mais ça remonte à plusieurs siècles.
Il y avait un entrepôt de céréales et de vin. La Butte de la Pierre était plantée à 90 % de vigne, le vin était transporté par bateau. Parce que l’hiver il y avait les bateaux, mais quand l’été il n’y avait pas assez d’eau pour rejoindre une rive ou l’autre, on passait à pied sur un gué, comme vous en avez à Oudon, à Saint-Florent. Plusieurs comme ça en biais. Les gués faisaient en général entre 2 à 3 km de long.
II y en avait un qui passait à la Basse-Pierre et qui venait du château d’Ancenis. Ils ont été démolis en partie pour le chenal. Moi j’ai connu le gué, puisqu’on l’a démoli.
Vous voyez, j’habite en face. Cette année, il y avait 40 cm d’eau dans la maison. Alors vous aviez des pieds d’osiers qui, pendant la guerre 43-44, permettaient de se cacher dedans pour éviter d’être pris par les Allemands. En 44, l’année où mon oncle s’est fait piquer. Si mon oncle a été fusillé, c’est parce que pendant 3 semaines on a eu les Américains à Ancenis. C’est la Loire qui faisait la frontière, et puis les Allemands, ici côté rive gauche. Donc, ce qui fait que cela a été dur. Il y a eu des gens qui ont été pris au passage de la Loire en bateau, parce que la nuit ils passaient en barque pour retrouver les Américains.
Justement on va aller voir la croix. Christophe, c’est le voisin qui n’a pas de boulot lui, alors il vient me donner un coup de main.
On va voir la cabane pour se mettre à I’abri quand il tombe vraiment de l’eau. Quand on avait une heure ou deux, il s’agissait de travailler autour de la ferme, mais dès qu’il y avait possibilité de partir une journée, au moins une demi journée, on venait à l’île. C’est là-dedans que je me suis fait bouffer le doigt par les rats. Alors ils m’avaient bouffé le doigt pendant que j’étais à dormir."
"Je pense une chose, Leuco. Aucune de nous, déesses, n’a jamais voulu se faire mortelle, aucune ne l’a jamais désiré. Et pourtant là serait le nouveau, qui briserait la chaîne"
LE GENOU D’ARTEMIDE
Pays : France
Format : 35 mm : 1.37
Son : Dolby SRD mono
Durée : 26mn
ITINÉRAIRE DE JEAN BRICARD
Pays : France
Format : 35 mm : 1.37
Son : Dolby SRD mono
Durée : 40mn
LE STREGHE Femmes entre elles
Pays : France
Format : 35 mm : 1.37
Son : Dolby SRD mono
Durée : 21mn
LE GENOU D’ARTEMIDE (IL GINOCCHIO DI ARTEMIDE) :
Andrea Bacci
Dario Marconcini
Teatro comunale di Buti
D’après "La Belva" (La bête sauvage), extrait des Dialogues avec Leuco de Cesare Pavese
Image : Renato Berta
Son : Jean-Pierre Duret
Montage : Nicole Lubtchansky
Musique originale : Gustav Mahler, Heinrich Schütz
_Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2008
ITINÉRAIRE DE JEAN BRICARD :
D’après "Itinéraire de Jean Bricard" de Jean-Yves Petiteau
Image : Irina et William Lubtchansky
Son : Dimitri Haulet
_Quinzaine des Réalisateurs, Cannes 2008
LE STREGHE (Femmes entre elles) :
D’après "Le Streghe" (Les Sorcières), extrait des Dialogues avec Leuco de Cesare Pavese
Giovanna Daddi
Giovanna Giuliani
Teatro comunale di Buti
Image : Renato Berta
Son : Jean-Pierre Duret
Montage : Catherine Quesemand
Musique originale : Ludwig van Beethoven
Produit par : Martine Marignac, Pierre Grise Productions, Le Fresnoy, Studio National des Arts Contemporains, Blandine Tourneux, Frédéric Papon
L. T. C. Saint-Cloud