EL BANO DEL PAPA "Les Toilettes du Pape"

Un film de Enrique Fernández et César Charlone

Sortie le 19 mars 2008
Synopsis :

Nous sommes en 1988, et Melo, petite ville uruguayenne à la frontière brésilienne, attend fébrilement la visite du pape Jean-Paul II. On commence à annoncer des centaines de visiteurs, des milliers, disent les médias. Les habitants savent ce que signifient 50.000 pèlerins en quête de nourriture, boissons, drapeaux, souvenirs, médailles commémoratives ... Remplis d’espoir, les villageois espèrent partager la bénédiction divine et recueillir le fruit de leurs ventes. Beto, notre héros, pense avoir trouvé la meilleure source de revenus : “Les Toilettes du Pape”, où les milliers de pèlerins pourront venir se soulager.

NOTES DES REALISATEURS

Entretien avec les réalisateurs :

GENESE

Enrique Fernandez : A l’époque, je devais avoir à peu près 10 ans. Beto était le genre de voisin à débarquer tous les matins, juste pour dire bonjour. Sa chemise dégoulinait sur son pantalon et ses maigres jambes, faisaient penser à des cure-dents quand il enfourchait son vélo complètement déglingué. Beto vivait avec sa bellemère, Doña Leocadia, une vieille dévote qui s’était prise d’amitié pour ma mère. Pour lui prouver son affection, elle lui avait même offert, un jour, le vieux dentier dont elle n’avait plus l’usage. Deux jours plus tard, ma mère se confondait en excuses et lui rendait ses dents. Elle m’avoua plus tard qu’elle les avait essayées, mais qu’elles ne lui allaient pas. Pendant 36 ans, mon père - mort en 1964 - a écrit des paroles de chanson pour un orchestre de Carnaval. C’est ainsi que je suis devenu familier avec cette faune de personnages. Ils ont habité mon enfance comme ils habitent aujourd’hui le film. Je connais leurs joies et leurs peines. En fait, je continue d’entretenir des relations avec eux quand je retourne dans mon village. Je les connais bien et je les aime.

Cesar Charlone : En tant qu’Uruguayen vivant au Brésil, la plupart des sujets qui me viennent à l’esprit sont liés à mon pays. Le premier documentaire que j’ai réalisé et produit en 1978 était un tout petit budget tourné en Uruguay, Brésil, Argentine et Chili. Après 10 ans à tourner des pubs, des clips et des séries, je dois avouer que l’idée de réaliser un long métrage me trottait dans la tête. J’avais quelques projets qui étaient tous liés à mon pays natal, mais ce n’était pas évident de trouver de l’argent pour les financer au Brésil. Quand Elena Roux, la productrice, et Enrique m’ont contacté, je me suis dit que c’était l’occasion. Quand j’ai reçu le scénario, j’y ai vu, non seulement une belle histoire avec des personnages attachants, mais la possibilité de réaliser mon vieux rêve, travailler dans mon pays avec une histoire uruguayenne. Pour moi, Melo a une saveur spéciale : c’est une ville uruguayenne vivant sous influence brésilienne. Presque tous les habitants de Melo parlent portugais, regardent la télé brésilienne et achètent des produits brésiliens. Je me suis tout de suite senti à la maison.

UN TRAVAIL A QUATRE MAINS

Cesar : Nous avons beaucoup travaillé avant le tournage, fait ensemble les dernières révisions du scénario, les repérages ensemble... J’adorais l’histoire d’Enrique et je voulais la rendre la plus cinématographique possible. J’ai fait un découpage très détaillé que nous avons revu ensemble et que nous avons transmis à l’équipe. Ainsi, lors du tournage, tout le monde savait que faire et pourquoi. Le tournage a été simple et agréable. De plus, Fernando Meirelles, le réalisateur de “La Cité de Dieu”, avec qui je travaillais, a été enthousiasmé par le projet et est rentré en coproduction avec notre société O2 Filmes au Brésil.

Enrique : Nous avons fait un plan de tournage très précis et avons beaucoup répété avant de tourner. Nous avons eu de longues discussions à propos des personnages, des situations, des enjeux du film, et de la manière de les rendre à l’écran. Le tournage a été facile et agréable. Sur le plateau, nous sommes restés très proches pour la direction des acteurs. Cesar prenait soin de tout ce qui était lié à l’aspect visuel, pendant que je m’assurais que nous restions fidèles à notre scénario.

UN CASTING ORIGINAL

Enrique : Notre casting est composé d’acteurs professionnels et non professionnels. Les professionnels sont César Troncoso (Beto), Virginia Méndez (Carmen, la mère) et Nelson Lence (Meleyo, le douanier volant). Puis viennent Hugo Blandamuro (le barman) et Carlos Lissardy (Ches le fou). Tous les autres sont des habitants de Melo. Ils ont tous répété pendant quelques semaines afin de leur donner l’assurance, la souplesse et la concentration nécessaires à affronter la caméra. Nous avions des acteurs avec une grande expérience, des non professionnels qui se sont révélés de vrais acteurs, et des gens qui ont fait les acteurs mais qui n’avaient jamais vu de caméra... C’était merveilleux de voir les scènes où tous ces acteurs jouaient ensemble et qu’il était impossible de distinguer le non professionnel de l’acteur expérimenté.

Cesar : Cesar Troncoso et Virginia Mendes, qui sont des acteurs uruguayens reconnus, avaient déjà été pressentis par Enrique. Mais avoir un tel casting et les “mélanger” avec des non professionnels ne paraissait, a priori, pas évident. De plus, ils viennent principalement du théâtre. J’avais travaillé deux fois avec Chris Duurvoort, le répétiteur. Il est capable d’homogénéiser n’importe quel casting. Il s’est rendu plusieurs fois à Melo avant le tournage et a travaillé avec eux sur la construction de leur personnage et sur des détails tels que “comment avoir l’air d’un cycliste aguerri”. En voyant Beto et Valvulina ou Carmen et Silvia jouer ensemble, on a du mal à distinguer le professionnel.

ÉPILOGUE

Cesar : Ce que j’aime dans “Les Toilettes du Pape” ce sont les différentes dimensions de l’histoire. Il y a la dimension sociale, très sud-américaine. Le fait que nos “héros” soient des contrebandiers et que nos “mauvais garçons” soient l’autorité, le pouvoir. Les codes moraux et sociaux sont assez différents de ce que l’on voit habituellement. C’est une histoire qui parle de la nécessité d’avoir un rêve, d’espérer mieux. Mais nous avons également notre “histoire d’amour”, la vraie histoire d’amour, mais c’est une histoire silencieuse, quasiment cachée. Celle d’un père qui veut être aimé, accepté et même admiré par sa fille.

Enrique : L’histoire se termine par un rêve qui se brise, mais pas par la mort de l’espoir. Et c’est ainsi car la lutte quotidienne de Beto, comme probablement celle de tous les pauvres dans le monde, est une tâche qui s’entreprend jour après jour avec conviction et courage. Comme partout ailleurs sur terre, un jour, la culture et les traditions des habitants de Melo n’existeront plus. Ils changeront ou disparaîtront. Nous avons voulu dresser leurs portraits avant ce jour.

Notes sur les réalisateurs :

BIOFILMOGRAPHIE DES REALISATEURS

CESAR CHARLONE : Réalisateur - Directeur de la photographie Né en Uruguay. Après être sorti de l’Ecole de Cinéma de Sao Paulo, il a principalement travaillé au Brésil. Il a commencé en 1975 comme chef opérateur sur des films documentaires ou des long-métrages. En 1997, il s’installe définitivement au Brésil et y mène une carrière de réalisateur. Il réalise alors plusieurs épisodes de la série télé "Cidade do Homens" (La Cité des Hommes) dont il signe aussi les scénarii. Depuis, il alterne réalisation et photographie.

En 2001, il assure la photographie de "La cité de Dieu", réalisé par Fernando Mereilles pour laquelle il reçoit, entre autres, la plus haute récompense du Festival de Lodz et qui lui vaut d’être nominé aux Oscars. En 2003 il travaille avec Spike Lee et de nouveau avec Fernando Mereilles sur "The Constant Gardener".

ENRIQUE FERNANDEZ : Réalisateur - Scénariste Originaire de Melo en Uruguay, scénariste, assistant réalisateur ou caméraman,c’est à différent titre qu’il a participé à plusieurs courts métrages et documentaires en Uruguay et en Allemagne, où il a vécu quelques années.

En 1997 un de ses scénarii originaux est porté à l’écran par Diego Arsuaga "Otario". Il sera en sélection officielle au Festival de San Sebastien. Aujourd’hui, il enseigne le scénario à l’Ecole de Cinéma d’Uruguay.

Notes sur les acteurs :

CESAR TRONCOSO

César a commencé des études d’acteurs à l’âge de 25 ans, à la fin des années 80. Pendant ses études, il a formé un duo comique avec Roberto Suarez. Ils intervenaient dans les boîtes de nuit, les fêtes et les concerts. Depuis sa sortie de l’école, il a joué sans relâche au théâtre et a enchaîné plus de 30 pièces. La plupart de ces pièces était jouée dans des endroits dans des endroits incongrus (gares, étables, appartements, parcs ...). Il a tourné dans nombre de festivals sud américains. En 2004, il a remporté le prix Florencio du meilleur acteur. Au cinéma, après avoir joué dans quantité de court métrages, il a eu un premier rôle tire en 2003 dans le film de Guillermo Casanova, “Le voyage vers la mer”. Pour ce rôle, il a remporté le prix de la révélation et du meilleur acteur de la Critique Uruguayenne. On l’a vu plus récemment dans “XXY” le film argentin de Lucia Puenzo.

VIRGINIA MENDEZ

Diplômée de l’Ecole d’Art Dramatique Margarita Xirgu (Motevideo), Virginia travaille comme actrice professionnelle depuis les années 80. Elle est l’une des membres fondatrices de la compagnie Italia Fausta, l’une des plus prestigieuses d’Uruguay. Elle a joué avec Petru Valenski et Luis Charamelo dans “Qui a peur d’Italia Fausta” une pièce qui a tourné pendant 15 ans. Elle a également fait des décors, des costumes et des scénographies pour plus de 250 pièces en Uruguay. En 1988, elle a reçu le prix Florencio de la meilleure actrice. Son rôle dans “Les Toilettes du Pape” marque ses débuts cinématographiques.

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Format : QuickTime
Taile : 5.8 Mo

Pays : Uruguay / Brésil / France
Format : 35 mm
Son : Dolby SRD
Durée : 1h35
Fiche artistique :

BETO : Cesar TRONCOSO
CARMEN : Virginia MENDEZ
VALVULINA : Mario SILVA
SILVIA : Virginia RUIZ
NACENTE : José ARCE

Fiche technique :

Réalisation : Enrique FERNANDEZ et César CHARLONE
Image : César CHARLONE
Scénario : Enrique FERNANDEZ
Montage : Gustavo GIANNI
Son : Daniel MARQUEZ
Chef décorateur : Ines OLMEDO
Musique : Lucianno SUPERVIELLE
Produit par : LAROUX CINE Elena ROUX (Uruguay), O2 FILMES Andrea BARATA IBEIRO, Bel BERLINK, Fernando MEREILLES (Brésil), CHAYA FILMS Serge CATOIRE (France)

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