Chop Shop

Un film de Ramin Bahrani

Sortie le 15 octobre 2008
Synopsis :

CHOP SHOP : expression d’argot qui désigne le fait de démonter des voitures volées pour les vendre en pièces détachées.

Alejandro a 12 ans.

C’est un gamin des rues d’origine latino-américaine, un pré adolescent endurci et ambitieux. Il vit et travaille dans un garage dans un quartier surnommé “Le Triangle de Fer”, au fin fond du Queens, la banlieue new-yorkaise. Alejandro passé ses journées à essayer de convaincre les clients de venir se fournir dans son garage plutôt que dans celui des concurrents. Il apprend aussi à repeindre et réparer les voitures. Il vit seul jusqu’à l’arrivée de sa sœur, Isamar, 16 ans, qui s’installe avec lui dans la petite pièce qu’il occupe dans les décombres du garage. Alejandro lui trouve un travail dans un snack installé dans un camion. De son côté, il économise pour s’acheter à son tour un véhicule et monter sa petite entreprise de restauration avec sa sœur. Quand leur rêve et même leur relation fraternelle sont menacés par la réalité qui les rattrape, les enfants vont être obligés de prendre des décisions que la plupart des adultes n’auraient pas à prendre.

QUINZAINE DES RÉALISATEURS - CANNES 2007
SÉLECTION OFFICIELLE - TORONTO 2007
SÉLECTION OFFICIELLE GÉNÉRATION - BERLIN 2008
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Note du réalisateur :

Willet’s Point, dans le Queens, c’est un quartier de terrains vagues, de décharges et d’échoppes de pièces détachées collées les unes aux autres. Il y a plus de 75 ans, F. Scott Fitzgerald, dans Gatsby le Magnifique, décrivait cet endroit comme “La Vallée des Cendres”. Plus récemment, le maire de New York l’a surnommé “Le coin le plus désespéré de la Grosse Pomme”. Surplombant les terrains vagues, le Shea Baseball Stadium, un énorme stade où s’affichent sur des panneaux géants des slogans tels que “Faire que les rêves deviennent réalité”. Pendant l’année que j’ai passée sur les lieux, j’ai été de plus en plus happé par la vie que mènent les mômes latinos qui vivent et travaillent là-bas. CHOP SHOP raconte l’histoire de l’un d’eux, un môme de 12 ans qui porte un amour démesuré à sa sœur de 16 ans. Dans leur monde, pas de place pour le sentimentalisme et encore moins pour le jugement.

Le triangle de fer :

La genèse de CHOP SHOP, a commencé en 2004 alors que Ramin Bahrani montait MAN PUSH CART, son premier long métrage.Michael Simmonds, son directeur de la photo, lui a parlé d’un quartier du Queens appelé Willet’s Point, “le Triangle de Fer”, où il était récemment allé faire réparer sa voiture. Une nuit, Ramin et Michael, ont fait la première visite de l’endroit qui allait devenir leur 2ème maison pendant les deux années à venir. Tapi à l’ombre du Shea Baseball Stadium, le Triangle de Fer c’est 3.000ha de des routes non goudronnées bordées d’échoppes de pièces détachées, de “garages”, de terrains vagues et de décharges sauvages. Des rangées et des rangées de baraquements métalliques entourés de montagnes de déchets, de mares d’eau croupie, de squelettes de voitures et de meutes de chiens errants. On n’arrive pas à croire que l’on est à New York. Ce qui préserve le Triangle de Fer de devenir uniquement une décharge, c’est la communauté de travailleurs qui y débarque tous les jours. Des gens venus de tout New York, des gens de partout - principalement clandestins et sans-papiers - qui se pressent là pour trouver un petit boulot pour la journée, gagner quelques pièces. “J’ai été impressionné par ce que j’ai découvert la première fois à 1h du matin et encore plus les jours suivants. J’ai immédiatement décidé que mon prochain film se tournerait là. Je me suis dit que si Buñuel avait dû tourner Los Olvidados aujourd’hui aux Etats-Unis, il l’aurait fait ici.”

L’histoire :

Ramin Bahrani s’est régulièrement rendu dans le Triangle de Fer à la recherche d’une histoire directement inspirée du lieu. Il savait qu’il voulait transmettre, non seulement, la dure réalité de l’endroit, mais aussi l’esprit de communauté, la force de caractère et l’humour des travailleurs. “Les gens sont très compétitifs pour alpaguer les clients, faire de l’argent et il y a souvent des bagarres, mais, en même temps, ils mangent et boivent, rient et font de la musique ensemble.” Même si la multiplicité des nationalités crée des tensions, l’isolement de ce quartier que l’on ne retrouve nulle part ailleurs aux USA, fait que les choses finissent toujours par se régler d’elles-mêmes. Alors qu’il y passait de plus en plus de temps, Ramin a remarqué que de jeunes adolescents, en âge d’être scolarisés, étaient embauchés pour alpaguer les clients. “J’ai commence à me passionner pour la vie de ces mômes qui vivent et travaillent parmi les adultes, dans cet endroit très dur. J’ai voulu savoir qui ils étaient, quels étaient leurs rêves et comment ils s’en sortaient dans un univers où même les adultes étaient perdus.” C’est ainsi qu’est née l’histoire d’Alejandro. Au coeur du récit, la relation complexe mais pleine d’amour du garçon avec sa sœur et son rêve de gagner suffisamment d’argent pour qu’ils puissant vivre ensemble comme une vraie famille. Ramin Bahrani et Bahareh Azimi, sa coscénariste, tous deux d’origine iranienne, citent le poète persan Rumi : “L’amour est une mer de regrets, il n’est pas regrettable.”

Casting et préparation :

Une fois que la trame principale du scénario a été écrite, Ramin s’est mis en quête des acteurs, conscient que ce sont eux qui porteraient le film. Il a visité une centaine d’écoles et de centres de loisirs à la recherche des enfants. C’est dans le Lower East Side de Manhattan qu’il a rencontré Alejandro Polanco, 12 ans : “Alejandro a été merveilleux dès le premier jour. Il était parfait en improvisation et son visage pouvait exprimer toutes les émotions : l’amour, la colère, la jalousie, la sincérité... Parfois, quand je lui parlais, il réagissait comme un gamin de 12 ans. Parfois, j’étais étonné par sa maturité, conséquence des épreuves qu’il a dû traverser. Nous avons eu des moments durs, mais Alejandro est un super gamin, sincère, ça se voit sur son visage. C’est lui qui fait le film, je ne voulais pas qu’on perde l’empathie que l’on peut avoir pour ce môme.”(...) Bahrani a répété pendant des mois avec les acteurs, non seulement pour s’assurer qu’ils pouvaient jouer les scènes d’émotion les uns avec les autres, mais aussi pour ajouter à la réalité de l’histoire. Il voulait adapter le scénario à ce que les acteurs pourraient lui apporter. Comme un soldat en camp d’entrainement, Ramin a envoyé Alejandro dans le Triangle de Fer pendant 6 mois avant le tournage pour qu’il apprenne à travailler comme son personnage : “j’ai été vraiment payé pour attirer les clients chez Rob. Chaque jour, je gagnais 30$. J’ai appris à nettoyer les voitures, à les peindre et à arranger les bosses sur la carrosserie. J’ai même appris à conduire ! C’était dur, mais je me suis bien marré. Après 6 mois dans le quartier, les gens croyaient qu’on faisait un documentaire sur Alejandro, un môme qui travaillait là, ça faisait tellement longtemps qu’ils le voyaient. La seule personne du film qui en savait plus que moi sur les travailleurs du coin, c’était lui ! S’il avait été d’accord, il aurait pu rester chez Rob qui l’aurait embauché !" CHOP SHOP a été tourné en 30 jours en aout 2006 : "A la fin du tournage, on faisait partie intégrante du quartier. Les habitants et les travailleurs ont vraiment regretté qu’on parte, on était devenu une vraie distraction pendant leurs dures journées et des amitiés s’étaient vraiment forgées."


Pays : USA - 2007
Format : 35 mm
Son : Dolby SRD
Durée : 84mn
Fiche artistique :

Alejandro : Alejandro Polanco
Isamar : Isamar Gonsales
Rob : Rob Sowulski
Carlos : Carlos Zapata
Ahmad : Ahmad Razvi
L’oncle de Carlos : Anthony Felton
Lilah : Evelisse "Lilah" Ortiz

Fiche technique :

Réalisation : Ramin Bahrani
Scénario : Bahareh Azimi, Ramin Bahrani, Lisa Muskat
Image : Michael Simmonds
Production : Marc Turtletaub, Jeb Brody
Production exécutive : Peter Saraf
Coproduction :Pradip Ghosh, Bedford Tate Bentley III
Direction artistique : Kathryn Dean
Montage : Ramin Bahrani
Mixage : Christof Gebert
Costumes : Daphne Javitch
Musique du générique : M.Lo

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