Léon est un homme. Il s’occupe de sa mère âgée. Pour tromper sa solitude, il lit le courrier de ses voisins, écoute les conversations et épie les gens dans les gares. Un jour, Lola, une Espagnole tapageuse, s’installe dans l’appartement mitoyen et Léon concentre alors sur elle toute son attention.
Sélection officielle compétition San Sebastian
Léon, c’est moi. Comme moi, il a transformé le monde à sa mesure, il regarde le monde autour de lui avec fascination. Pour moi, la fille que je suis dans la rue et que je n’aborderai jamais, cache toujours un mystère. Il y a toujours quelque chose de mystérieux dans la conversation que je surprends dans un bar ou dans les disputes du couple du 2ème étage que j’entends résonner tôt le matin dans la cour de l’immeuble. Parfois, les écrivains ou les réalisateurs ont besoin d’un élément déclencheur pour écrire. Pour moi, il suffit de descendre à l’épicerie. J’aime les personnages ordinaires, misérables, ceux qui ressemblent à tout le monde mais qui vivent, à l’intérieur, des histoires tumultueuses d’amour et de désir. Car notre histoire est avant tout une histoire d’amour, bien que personne ne prononce jamais le mot. Lola est aussi un film sur le regard et le désir. Les conventions sociales sont habituellement maîtresses du temps du regard. Ce film parle de quelqu’un de dangereux pour la société car il regarde beaucoup plus longtemps que les conventions ne l’exigent et déséquilibre la balance sociale. Et c’est par-dessus tout un film sur le désir, un film sur le désir de Léon pour Dolorès et la volonté de représenter le désir avec les moyens du cinéma. Pour moi, Léon est un personnage fascinant car il vit dans l’oisiveté avec des rituels et des habitudes qui ne concernent que lui. Contrairement à la plupart des gens, il n’a de compte à rendre à personne. Léon trouve sa raison de vivre avec Dolorès, une Espagnole exubérante fraîchement débarquée dans cette banlieue insipide et mortelle, qui va bouleverser sa vie depuis l’autre côté du mur. Lola Duena m’a souvent dit qu’il s’agissait de l’histoire d’un ange gardien, Léon, qui protège une pauvre fille sans défense, Lola, mais sans rien attendre en retour. En fait, Lola est l’histoire d’un amour impossible mais inextinguible car l’un des amoureux ignore l’existence de l’autre.
Javier Rebollo est né à Madrid en 1969. Il est l’un des réalisateurs de courts-métrages le plus prolifique en Espagne. Entre 1997 et 2002, il a réalisé les films suivants : Au milieu de nulle part (1997) ; Salut Etranger ! (1998), La valise ouverte (1999), Le bonordre des choses (2001) et Dans des lits séparés (2002). Ils ont tous été présentés au Festival de Valladolid et lui ont rapporté plus d’une centaine de récompenses dans les plus grands festivals internationaux dont deux nominations aux Goya. En 2003, les festival du court métrage de Brest lui a rendu hommage. En 2004, le même hommage lui est rendu à Bruxelles. Javier Rebollo a également réalisé deux films documentaires qui lui ont également valu de nombreux prix.
Réalisation : Javier Rebollo
Scénario : Lola Mayo, Javier Rebollo
Image : Santiago Racaj
Directeurs artistiques : Miguel Angel Rebollo, Rafa Jannone
Montage : Angel Hernandez Zoido
Costumes : Inma Garcia, Inès Liverato
Montage son : Pelayo Gutierrez
Production : Jérôme Vidal, Damian Paris, Pedro Castor, Piluca Baquero
Société de production : Malvarrosa Media
Co-production : Lazennec & associés
Michaël ABITEBOUL : Léon
Lola DUENAS : Lola
Carmen MACHI : Carmen
Lucienne DESCHAMPS : La mère de Léon